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5 Autograph / les Nègres marrons de Surinam 118

€4,500.00

Title: Renseignemens sur les Nègres marrons de Surinam.
Author: BARTHELEMY (Charles
Description: BARTHELEMY (Charles);

Renseignemens sur les Nègres marrons de Surinam.

Cayenne 5 octobre 1837 Manuscrit autographe signé Petit in-folio de (9) pp.; broché, traces de reliure..

Etude sur les Noirs marrons originaires de Surinam, installés en Guyane française, et leurs difficiles relations avec l'administration coloniale. L'auteur, né à Cayenne, exerçait la profession d'avoué près les tribunaux, après avoir été secrétaire de mairie et greffier de justice de paix à Sinnamary. Il était aussi correspondant de la Société des sciences, agriculture et arts du Bas-Rhin, ainsi que de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen. Les Noirs marrons étaient le nom donné aux esclaves noirs révoltés ou enfuis des plantations avant l'abolition de l'esclavage. Certains d'entre eux, qui avaient quitté la colonie voisine de Surinam (Guyane hollandaise) dans le courant du XVIIIe siècle, étaient venus s'installer en territoire français, dans le haut de la rivière du Maroni, pour former une communauté de plus de trois mille personnes. En 1783, le gouverneur de la Guyane française, le baron Alexandre Ferdinand de Bessner, décida d'entrer en contact avec eux, afin de leur proposer une alliance avec, en échange, l'attribution de possessions sur le Maroni. Pour cette mission, il nomma deux commissaires accompagnés d'un préfet apostolique. "Les deux commissaires étaient les sieurs Jacquet et Duplant, escortés d'un guide et d'un interprète; ils trouvèrent sur les lieux une garde avancée [?c]. Le commissaire Duplant dit qu'il venait de la part du gouverneur français pour parler au général Albony, chef de cette bande de noirs marrons. Ils furent conduits par la garde jusqu'au quartier général. Que venez-vous faire ici, dit Albony. Etes-vous des espions ? Où est la preuve que vous êtes envoyés par votre gouvernement ? Les commissaires [?c] lui montrent leurs papiers. Vous moquez-vous de moi, dit Albony, ignorez-vous que je ne sais pas lire ? Pourquoi votre gouverneur ne m'a-t-il pas envoyé quelque chose qui parle aux yeux ? Nous manquons de munitions de guerre et de toile propre à nous habiller?c" (pp. 1-2). De retour à Cayenne, les deux commissaires firent leur rapport au gouverneur, qui accorda à Albony toutes les armes et fournitures demandées. Celles-ci furent acheminées lors d'une seconde expédition, qui fut aussi la dernière : "Les colons conçurent des inquiétudes dans la démarche du gouverneur; ils portèrent plainte contre lui au département de la Marine, M. le maréchal de Castries, alors ministre des colonies, écrivit au gouverneur dans les termes les plus durs et les plus désobligeans, le baron de Besner tomba malade de chagrin et en mourut. On dit même qu'il avança la fin de ses jours par une forte dose d'opium?c" (p. 3). Barthélémy donne les raisons de ce désaveu : "Les colons croyaient apercevoir une arrière-pensée dans les vues profondes de cet administrateur, ils craignaient alors, comme ils craignent encore en ce moment, de perdre leurs esclaves". Puis il ajoute : "Cependant le gouvernement hollandais fit à cette époque un traité avec eux, et depuis environ 50 ans que ce traité existe [?c], les Hollandais ont toujours retiré comme ils retirent encore en ce moment de grands avantages de ces Nègres qui sont fort laborieux et industrieux à cause du commerce intérieur?c" (p. 4). Malgré cet accord, les Noirs marrons souhaiteraient faire commerce avec les Français : "Ils prétendent que le gouvernement hollandais de Surinam ne leur fait pas assez d'avantages; ils préfèrent faire le commerce intérieur avec nous. Ils excellent dans l'art de scier les madriers, les planches d'acajou et autres bois propres aux constructions civiles et navales, ils cultivent du riz et différentes denrées coloniales. Ils sont organisés en tribus ayant chacune un chef particulier; la police est parfaitement maintenue chez eux?c" (p. 5). L'auteur précise aussi que cette population, connue sous le nom de "Nègres Bosse" (ou Bosneger), se monte, en 1837, à plus de six mille personnes. Il est ensuite question du grave incident qui eut lieu avec l'un des groupes ethniques de cette communauté, les Bonis (ou Alukus) : "En l'année 1836, M. Leprieur voyageant dans l'intérieur des terres par ordre du ministère, découvrit dans le haut de la rivière d'Oyapock une peuplade de 700 Noirs qui s'étaient depuis plusieurs années détachés de la grande bande de 6000 de Surinam. M. Leprieur au nom du gouvernement leur fit des promesses. Ils demandèrent de leur côté à venir cultiver nos terres [?c]. Six ou 8 mois après, le gouverneur de Surinam écrivit à celui de Cayenne pour l'inviter à ne plus recevoir dans la colonie aucun Noir provenant de la bande de 700 réfugiés dans le haut de la rivière d'Oyapock, connus sous la dénomination de Nègres Bonny, attendu [?c] que ces Noirs réfugiés étaient en mauvaise intelligence avec la grande bande [?c]. Le gouverneur de Cayenne, sur cet avis, donna l'ordre, dit-on, au commandant du poste militaire établi à Oyapock, de ne pas laisser échapper un seul Noir de la bande Bonny [?c]. Jusqu'au moment où cet ordre irréfléchi fut donné, ces malheureux Noirs, dignes de toute notre sollicitude, étaient en relation bienveillante avec quelques habitans du canton d'Oyapock, ils nous rendaient quelques services, ramenaient nos Noirs marrons et procuraient des vivres à quelques habitans en échange de tafia et d'outils aratoires. Au commencement du mois d'avril dernier [1837], huit de ces Noirs se présentèrent au poste d'Oyapock sans aucune démonstration hostile, venant au contraire réitérer l'offre de cultiver nos terres; ils furent sur-le-champ arrêtés par le commandant, quatre parvinrent à s'évader et quatre furent fusillés !!! La nouvelle de cette exécution militaire parvint à Cayenne [?c] et occasionna une grande rumeur dans la ville. Chacun se demandait quel pouvait être le motif d'un acte aussi violent, aussi irréfléchi qui d'un moment à l'autre pouvait nous exposer à des représailles de la part des Nègres Bonny?c" (pp. 5-7). Le mois suivant, l'affaire fut portée devant le Conseil colonial qui demanda des explications au gouverneur, François Dominique Laurens de Choisy, lequel avait soutenu l'officier commandant le poste d'Oyapock. Peu de temps après, le gouverneur fut rappelé en France par le ministère de la Marine pour justifier sa conduite. [Il sera remplacé par le capitaine de vaisseau Paul de Nourquer du Camper, qui occupa le poste jusqu'en 1839]. L'auteur conclut : "Il résulte des renseignements ci-dessus : que le gouvernement local doit une réparation aux Nègres Bonny à cause de l'injustice commise à l'égard de quatre de ces malheureux [?c], que les lois de l'hospitalité et de l'honneur national nous en imposent le devoir et qu'aucune considération ne peut nous contraindre à refuser l'offre que nous font 700 Noirs réfugiés à venir participer à nos travaux ou cultures, que la Guyane a besoin de bras pour exploiter ses terres incultes et que les circonstances sont favorables pour accepter avec empressement l'offre des Noirs Bonny?c" (pp. 8-9). Sur Barthélémy, cf. A. Héron, Liste générale des membres de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Rouen de 1744-1745 à 1900-1901. Rouen, impr. de Léon Gy, 1903, p. 87 (nomination de Charles Barthélémy comme correspondant de l'Académie le 18 mars 1853). 4500.00 €
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